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marchesM. DIAL, Comment voyez-vous les enjeux du secteur des télécommunications et le basculement vers le tout Numérique ?

Dans le secteur des télécommunications, il est permis de dire que l’on s’achemine inéluctablement mais joyeusement vers le tout numérique qui ne présente pas, comme le tout nucléaire, un danger pour l’Humanité, bien au contraire !

Selon moi, la finalité des réseaux de télécommunications, notamment ceux appelés Haut débit, est de permettre au plus grand nombre non seulement de produire, consommer et communiquer dans les meilleurs conditions mais d’accéder au moindre coût à la connaissance, à la santé, aux prestations de l’Etat, au divertissement, etc.

Il est admis aujourd’hui que toutes les évolutions en cours dans le secteur des télécommunications concourent à procurer davantage de débit à transmettre ou recevoir et de mobilité à l’usager où qu’il se trouve (ubiquité).

Le secteur des télécommunications présente, par ailleurs, la particularité d’être non seulement une grappe de croissance et de compétitivité pour l’économie, mais aussi un moteur ou un levier de croissance pour les autres secteurs de développement d’un pays comme l’agriculture , le tourisme , les services, etc.

Quand vous parlez de basculement vers le tout Numérique vous me faites penser à M. Nicolas CURIEN , ingénieur, économiste, figure emblématique de l’ARCEP de France qui invitait, dans un de ses nombreux ouvrages sur l’économie numérique, à ne pas regarder internet et les technologies numériques comme objets déterministes , prévisibles, formatés , descriptibles à travers le catalogue de leurs nombreux emplois mais plutôt comme des systèmes ouverts ,de plus en plus libéralisés malgré l’influence des entreprises-réseaux comme Google .

C’est vous dire que le basculement ne doit pas être perçu comme une perspective angoissante mais plutôt comme le chemin vers davantage d’intelligence, d’inclusion, d’interaction pour les citoyens –usagers du monde.

Nous parlons beaucoup en ce moment au Sénégal du passage de l’analogique au numérique en matière de diffusion télé alors que le tout IP a déjà conquis depuis longtemps la plupart des segments d’activité de télécommunications, y compris la télévision elle-même (production, multiplexage, réception).

Alors qu’ il est beaucoup question en ce moment au Sénégal de réseau 4G toute notre attention en tant que pays d’Afrique devrait être déjà tournée vers la 5G à cause de l’utilisation prochaine du cloud pour contrôler les réseaux mobiles, l’utilisation de la virtualisation-mutualisation pour assurer davantage de partage entre opérateurs et surtout l’utilisation des fameuses plateformes haute altitude à la place des réseaux terrestres pour assurer une plus grande couverture du haut débit (cf. les réseaux LOOM déployés par Google dans le sud de l’Afrique).

 

 

Pouvez-vous nous faire un état des lieux du secteur des télécommunications au Sénégal ?

Difficile dans le cadre d’une interview comme celle-ci de de faire un état des lieux d’un secteur aussi complexe que celui des télécommunications , de vous parler des acteurs , des réseaux, des investissements , des usages et des tendances . Je vous signale que La Direction de l’Economie, des Marchés et de la Stratégie publie annuellement un document appelé « Etat des lieux » et je vais essayer de vous livrer des constats ou chiffres tirés du document de 2013 en cours de finalisation.

Nous n’aborderons pas non plus la question stratégique du spectre des fréquences que la Direction chargée des radiocommunications ne manquera pas d’aborder dans les colonnes de votre magazine.

Il faut tout d’abord noter qu’au Sénégal les activités du secteur sont régies par une loi appelée Code des télécommunications qui a connu de 1996 à maintenant ,trois versions, deux évolutions majeures à savoir l’intervention d’un régulateur distinct et autonome dans la version de 2001 et la mise en phase en 2011 de l’environnement légal avec le droit communautaire UEMOA/CEDEAO avec l’obligation d’introduire de nouveaux leviers de régulation rendus nécessaires par l’évolution technologique.

Au niveau des acteurs, les rôles et attributions de l’Autorité gouvernementale, du Régulateur, des opérateurs, des associations de consommateurs ont pu être davantage clarifiés dans un Code qui attend d’être complété bientôt par un décret d’application.

On dénombre en avril 2014 comme acteurs du secteur:

  • 03 opérateurs titulaires d’une licence complète 2G/3G acquise directement ou par extension du périmètre de la concession ;
  • 01 opérateur de Service Universel titulaire d’une licence opérant dans la région de Matam ;
  • 01 opérateur d’infrastructure titulaire d’une autorisation mais non encore opérationnel ;
  • 01 fournisseur de service internet ;
  • 118 fournisseurs de services à valeur ajoutée.

Les deux dernières catégories d’acteurs sont soumises au régime de la déclaration.

L’ARTP a commandité pour 2014 une étude sur l’économie du spectre et les modalités d’attribution des prochaines licences au Sénégal pour éventuellement, accueillir d’autres acteurs dans le secteur des télécommunications.

Tout le monde s’accorde aujourd’hui, en 2014, à dire que le secteur contribue pour plus de 10% au   Produit intérieur brut (PIB) du Sénégal (cette contribution était de 2.9% en 2000) et a généré plusieurs dizaines de milliers d’emplois. La publication au Sénégal, au mois d’avril 2014, de l’étude du Docteur Raul Katz, Directeur de recherche au Columbia Institute for tele-information (USA), en est la confirmation la plus récente.

Selon les chiffres de l’observatoire des marchés des télécommunications de l’ARTP, entre 2006 et 2013, le secteur des télécommunications a connu une moyenne annuelle de 56 milliards de FCFA d’investissements et la création en moyenne d’environ 2500 emplois par an.

Le taux de pénétration des services de télécommunications a augmenté, durant cette période, dans toutes ses composantes à l’exception de la téléphonie dite fixe qui subit les effets de substitution par le mobile ou par d’autres applications telles que la VoIP .

La situation observée fin 2013 peut se résumer ainsi qu’il suit :

  • Une croissance soutenue du parc d’abonnés à la téléphonie de mobiles avec un taux de pénétration de 97% qui aura dépassé la barre des 100% dès la fin du premier trimestre de 2014.
  • Un développement important des volumes de trafic, principalement dû à la croissance du parc, le taux de croissance de l’usage restant peu élevé : 6% en moyenne par an sur la période 2008 à 2013, avec un usage moyen d’environ 80 minutes par mois et par abonné aussi bien en téléphonie fixe qu’en téléphonie de mobiles , niveau d’usage se situant dans la moyenne des pays africains comparables ;
  • Le niveau actuel de la terminaison d’appel fixe se compare favorablement à celui des pays de la région, mais reste largement supérieur à celui des pays du Maghreb ou d’Europe.
  • Sur le marché de l’Internet, le taux de pénétration pour ce segment est de 17% ;le nombre de raccordements à Internet ayant connu une progression importante en 2011 et 2012, notamment grâce au développement de la 3G. Le taux de pénétration au Sénégal notamment celui du haut débit (07%) reste cependant faible par rapport à l’Europe ou au Moyen-Orient ;

Que peut-on attendre du basculement vers le tout numérique dans notre pays sur le plan des télécommunications et des TIC, quelle place occupe aujourd’hui le secteur dans vos activités de régulation ?

Je pense avoir déjà répondu en partie à cette question au cours de cette interview et je vais le réaffirmer en disant que le passage au tout numérique dans notre pays, comme partout ailleurs dans le monde, ne peut être que bénéfique pour les télécoms/TIC et ne présente, à notre connaissance, aucun danger pour la société en termes de menace sur la santé, le travail, l’éducation, la qualité de vie, la nature. Le serait-t-il que nous pourrions compter sur la vigilance et la sagesse des organisations internationales de régulation comme l’UIT, ISOC, l’OMS, etc. pour au moins le dire.

Il est aujourd’hui communément admis que, dans les échanges entre personnes ou entre entreprises, c’est la donnée qui s’est substituée à la voix et ce processus conduira à la situation où toute information sera présentable sous forme de donnée, cette évolution semble inéluctable.

Le passage au numérique en diffusion TV va permettre de multiplier par huit la capacité de diffusion de signaux TV pour une ressource en fréquence donnée, sans compter la qualité incomparable des images et de nombreux autres services connexes liés au passage au numérique.

Prenons l’exemple de la téléphonie  sur IP (TOIP) qui est un service de téléphonie fourni sur un réseau de télécommunications interne utilisant le protocole IP. Cette technologie permet d’utiliser l’infrastructure existante afin de raccorder les terminaux IP et d’offrir tous les services associés à la convergence de la voix et des données. L’acquisition récente de l’équipement par l’ARTP permet à tous les agents de mesurer le gain de productivité et de confort induit par ce « basculement » intervenu fin 2013.

Si l’on prend aussi la voix sur IP (VoIP), un service de téléphonie qui achemine les communications via un réseau externe IP d’un opérateur ou le réseau public Internet, ou la téléphonie Full IP, combinaison de la TOIP et de la VOIP, on ne peut y voir pour les usagers que des avantages pour les usagers et des opportunités à saisir par les opérateurs et fournisseurs d’accès. (Je ne vais pas en citer un pour ne pas leur faire de publicité dans votre illustre magazine, mais nous utilisons tous les services de ces opérateurs).

Nous pouvons citer à foison des exemples pour illustrer tout le bien que l’on peut attendre du basculement vers le tout numérique, nous disons cependant que le processus doit être maîtrisé et régulé tant au plan national qu’international.

Je reviens de la Conférence Mondiale de Développement des Télécommunications (CMDT) de l’UIT qui s’est déroulée à Dubaï début Avril 2014 avec l’assurance que la régulation du secteur des télécommunications est l’affaire de tous les pays du monde et que les problèmes qui se posent à nos pays sont sérieusement pris en charge par les organismes de régulation du secteur.

 

Quelle place occupe aujourd’hui le secteur postal dans vos activités de régulation?

La poste est une activité de réseaux et de services comme le sont les télécommunications. C’est ce qui explique la forte tendance observée à travers le monde à réguler ensemble les deux secteurs ce qui n’est qu’un retour à la normale quand on sait que le télégraphe, ancêtre des télécoms, est, à l’origine, une activité purement postale.

Depuis 2006, la régulation postale ne cesse de prendre de l’ampleur dans nos activités de régulation au quotidien, l’expérience et la mutualisation aidant. L’Union Postale Universelle cite en exemple notre pays en matière de régulation postale alors que nos chantiers sont encore nombreux et consistants.

En 2012 par exemple, le secteur postal sénégalais a généré des revenus relativement substantiels : 11 opérateurs, dont la Sn La Poste, se partagent un chiffre d’affaires global de 14,3 milliards de FCFA, pour des investissements d’environ 220 millions de FCFA.

Les opérateurs privés titulaires de licence ont animé un marché estimé à 4.345.566 718 FCFA, largement porté par l’un deux, leader dans le domaine de l’express au Sénégal.

A l’inverse de celles des opérateurs autorisés, les activités de l’opérateur public, Sn La Poste connaissent un net repli.

Je vous renvoie au document intitulé « Etat des lieux 2013 » en confection à la DEM et à paraître bientôt et dans lequel les performances et les tendances du secteur sont analysées.

Le secteur postal restera toujours un instrument d’inclusion sociale et financière surtout pour l’Afrique, 15% de la population mondiale, 5,7% des utilisateurs d’internet dans le monde.

Dans un monde où le commerce électronique gagne de plus en plus de terrain, les opérateurs postaux ont un rôle fondamental à jouer aussi longtemps que la livraison des marchandises commandées en ligne restera physique. C’est pour cette raison que la question du système d’adressage est devenue une préoccupation majeure de l’ARTP .

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